Vous avez le temps.

Vous avez le temps quand « pas le temps » n’est plus une excuse.

Vous avez le temps maintenant que le temps n’est plus l’unique et très frustrante barrière entre vous et le progrès. Vous avez le temps maintenant ; le temps n’est plus la raison pour laquelle vous n’êtes pas en train de faire ce que vous savez devoir faire.

Vous avez reçu ce temps d’une matière abrupte et qui change la vie.

On vous a appris, sans que vous vous y attendiez, que vous alliez être confinés dans vos propres maisons, vos propres espaces.

Il n’y avait, et il n’y a simplement rien d’autre à faire qu’attendre.

Vous pensez que vous êtes incapable de vous sentir motivés parce que vous vous trouvez au milieu d’une pandémie.

Vous réalisez aussi que vous n’aviez pas forcément envie de ce que vouliez et que le temps vous empêchait de faire.

Oui, vous êtes traumatisés par les circonstances.

Vous êtes aussi traumatisés par l’obligation de faire face à ce que vos folles journées vous permettaient de ne pas voir ou d’oublier.

Vous êtes aussi traumatisés par le fait de devoir accepter qu’il y n’y a plus aucune excuse pour ne pas ranger votre appartement ou écrire des livres ou construire des entreprises, à part le fait que vous n’en avez pas envie.

Et puisque vous ne pouvez pas le rationaliser, vous vous rattachez au récit commun : c’est difficile d’être productif au milieu d’une crise.

Vous avez tout à fait raison.

Mais la crise, ce n’est pas seulement ce qui se passe dehors. C’est aussi ce qu’il se passe à l’intérieur.

Nous faisons tous face à un tsunami d’émotions contre lequel on luttait en allant au parc, au cinéma, au Starbucks ou dans les centres commerciaux, parfois plusieurs fois par semaine.

Une espèce de courant électrique presque palpable nous soutenait.

Un courant fait de peur.

Si vous ne vous sentez pas motivés pour accomplir vos grands projets maintenant, c’est probablement parce que vous n’en avez pas véritablement envie. C’est ça, le secret de la motivation : on ne peut pas se convaincre nous-mêmes de progresser à l’infini vers des objectifs dont on se fiche. A un moment, on se dégonfle.

On se dégonfle quand de nouveaux éléments parfois traumatisants apparaissent.

On se dégonfle quand on a l’opportunité de rester immobile, silencieux, de se morfondre, et d’avancer.

On se dégonfle quand la barrière que l’on voulait voir céder cède enfin, et que l’on est en fait encore plus coincés, plus contrariés et plus fragile que jamais.

Quand la marée descend, on est forcés de constater la réalité de ce qu’il y avait sous la surface depuis le début.

Si vous vouliez écrire ce livre, vous seriez en train d’utiliser ce temps pour écrire ce livre. Sauf que vous auriez probablement déjà commencé à l’écrire avant de toute façon, parce que le temps n’était pas un problème.

Le problème, c’était une déconnexion nette et presque choquante entre ce qu’on pense vouloir et ce dont on se soucie vraiment.

Et cette crise du Coronavirus vas nous en faire prendre conscience.


Vous êtes en train de faire ce que vous avez besoin de faire là, maintenant.

Vous vous autorisez à ressentir.

Vous vous donnez le droit de vous reposer profondément.

Vous trouvez de nouvelles façons de vous connecter au monde. Des façons différentes. Des façons formidables.

Vous avancez.

Vous changez.

Vous êtes productifs d’une façon qui va bien plus loin que quoi que ce soit que vous pourriez accomplir avec une liste de tâches. Votre productivité est sans précédent, peut être parce que pour la première fois de votre vie, vous avez du temps pour réfléchir, pour exprimer, pour lâcher prise.

Peut-être que vous n’avez pas besoin de transformer votre vie.

Peut-être que vous avez juste besoin de vous vider la tête.

De re-prioriser vos valeurs.

De vous remplir de gratitude.

De calmer votre coeur.

Peut-être que vous n’avez pas besoin de vous sentir motivés pour devenir quoi que ce soit d’autre que vous-mêmes.

Peut-être que tout ce dont vous aviez besoin était la permission d’être qui vous êtes et de vouloir ce que vous voulez. De relâcher la tension, la résistance et la peur qui vous faisaient avaler vos journées tout entières dans l’agitation.

Une agitation qui n’était pas soutenable ni productive, croyez-moi.

Une bonne moitié de cette agitation ne vous menait peut-être même pas vers la vie que vous vouliez, mais vous distrayait de celle que vous ne vouliez pas.


Vous avez une opportunité aujourd’hui.

Pas celle de devenir la version la plus émotionnellement plate de vous-même, capable d’accomplir n’importe quoi qui semble noble ou en valoir la peine sur le moment.

Mais de devenir plus posés, plus accomplis.

Plus de ce que vous êtes faits pour être, pas moins.

D’habitude, la productivité est ce qu’on utilise pour se sauver de ce que nous sommes.

La motivation est la peur qui nous aide à partir.

Peut-être que ce que vous ressentez maintenant, c’est une réinitialisation massive et collective.

Une chance d’aller un peu plus vers ce que vous voulez, et d’arrêter de vous en faire à propos de pourquoi vous ne parvenez pas à mener une vie dont vous n’avez pas envie à coups de listes de tâches, de morning routines et de bullet journals.

— Librement traduit d’après l’article Medium de Brianna Wiest